L’eau à Tresanti. Un problème séculaire

 

En août 1913, les habitants de Tresanti adressaient au maire de Montespertoli une requête dans laquelle ils suggéraient aux autorités communales quelques endroits sur leur territoire où l’on pourrait trouver de l’eau, étant donné que, à cette époque, l’administration municipale était très occupée à répondre aux nombreuses demandes de sa population en matière d’eau. Le lieu indiqué était appelé “les Fours” car les anciens se souvenaient très bien qu’autrefois, à cet endroit, il y avait un trou d’eau où l’on puisait même de l’eau pendant les périodes de sécheresse, mais qui était maintenant enfoui. Les demandeurs soulignaient que la nature du sol indiqué était elle-même “un indice certain de bonnes eaux potables”.

Le 25 juin 1924, le problème de l’eau pour la population de Tresanti n’était toujours pas résolu, comme en témoignait une lettre du curé adressée au maire, décrivant comment dans le hameau “excentrique”, où le manque d’eau “a toujours été l’un des problèmes les plus préoccupants, au cours des deux dernières années de grande sécheresse estivale”, le problème était devenu insupportable, car “ces populations ont été contraintes de rationner au minimum la très petite quantité d’eau qu’elles avaient pu se procurer dans des endroits éloignés, après de longs et pénibles voyages, souvent dans la crainte que cette eau ne vienne à manquer également avec le passage des jours”.

Ceux mentionnés ci-dessus ne sont que deux des nombreux appels que la population de Tresanti a adressés à ses administrateurs au cours de la longue période allant des années 1880 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, et même au-delà. Ils suffisent cependant à dessiner une situation au bord de la survie. Et d’ailleurs, la très grave situation sanitaire et hygiénique de Montespertoli après la guerre, qualifiée par le préfet comme la plus grave de l’ensemble du territoire florentin en termes de décès dus aux infections gastro-intestinales, témoigne de l’importance du problème de l’approvisionnement en eau dans toute la commune. D’autant plus dans une zone comme celle de Tresanti, caractérisée par la prédominance absolue des argiles qui rendaient ces sols pratiquement imperméables aux eaux de pluie, vitales pour la recharge des sources déjà très limitées.

Le problème ne sera finalement résolu qu’à la période de l’immédiat après-guerre lorsque, en exploitant l’énergie électrique, on procédera à remplir l’énorme réservoir en béton armé érigé à quelques mètres de l’église, au point le plus élevé, d’où l’eau coulait par gravité dans les différentes maisons du village environnant. Encore aujourd’hui, le grand champignon en béton témoigne de la grande soif endurée pendant des siècles par les habitants de Tresanti.

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